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Organisation du travail

  • Photo du rédacteur: Aline Savard
    Aline Savard
  • 11 avr.
  • 5 min de lecture
Les enfants s'affairent sur leur travail, parfois seul, parfois avec d'autres.
Les enfants s'affairent sur leur travail, parfois seul, parfois avec d'autres.

Pour une deuxième année au 2ième cycle, je commence à prendre un certain rythme, les élèves aussi! Avec ces enfants plus vieux, je me disais que j'allais enfin me mettre aux plans de travail individualisé tant préconisés en pédagogie Freinet. Vœux pieux, mais je dois avouer que je n'y suis pas arrivée. Alors j'ai réfléchi à ce qui se cache sous les fondements de cet outil pour l'adapter à ce qui me correspond comme enseignante.


Plan de travail individualisé: oui, mais non!

Le mot le dit, le plan de travail individualisé permet à l'enfant de cibler ses apprentissages et d'apprendre à son rythme. On met à la portée des enfants des fichiers (exerciseurs) orientés sur leurs besoins tout en offrant le choix de ces besoins. Selon ce que j'en comprends, ce n'est pas l'enseignant qui détermine ces besoins, mais les enfants. Or ce travail, sur ces fichiers, où l'enfant «rempli» la fiche sans transfert dans la réalité, me semble déconnecté du travail réel. Il comble les trous sans autre motivation que celle de passer à la suivante. De plus, je pense que ce travail linéaire ne permet pas la créativité et l'expression libre, si chers à la pédagogie nouvelle.


Plan de travail hybride: un choix cohérant avec mon identité professionnelle

Je préfère parler de plan de travail autonome. Non pas tel que vécu dans certains milieux alternatifs, car mes élèves ne choisissent pas les projets ou activités qui se retrouvent dans le plan de travail. C'est moi qui définit le cadre tout en y décidant des travaux qui s'y retrouvent et le temps qu'ils ont pour y arriver. L'autonomie se manifeste dans le choix et le rythme dans lesquels ils travaillent. Par exemple, ils peuvent décider de travailler sur leur texte de magazine le lundi, prendre une pause le mardi en faisant un travail d'art et y revenir le mercredi. Ainsi, ils suivent le rythme et ce qui les inspire ce jour-là. Ceci permet de développer l'autonomie et la responsabilisation, des valeurs que je prise dans mon approche avec les enfants.


Comment choisir tout en gardant la motivation?

Le choix des travaux viennent de différentes sources. Dans ce plan, j'y mets au moins un travail en écriture, un travail en lecture et un en mathématiques. J'y ajoute un travail en sciences, univers social, en art ou en CCQ. Parfois, ces travaux sont combinés. Donc au final, il y a 4 à 5 travaux à faire en deux semaines. Après ces deux semaines, on change de travaux. Pour savoir quoi y mettre, je m'inspire de ce qu'on fait dans la classe, des questions lancées, de QDN qui peuvent être approfondis, de nos découvertes lors des classes-promenades, etc. Et les attentes du programme de formation.

Par exemple en écriture, si nous avons reçu une lettre de nos correspondants, je mets dans le plan de travail de répondre à nos correspondants. Il peut y avoir aussi le texte pour le magazine de la classe ou l'écriture d'un livre collectif. Un texte par plan de travail, qui sera écrit à l'ordinateur, corrigé et publié.


Cueillette d'information sur un livre documentaire sur les champignons liée à une classe promenade.
Cueillette d'information sur un livre documentaire sur les champignons liée à une classe promenade.

En lecture, il y a parfois des fiches que je produis (merci à l'IA) sur des sujets liés à la vie de la classe : on a vu des asclépiades lors d'une promenade, je propose alors un texte sur les monarques et des questions de compréhension, une visite d'Annie Groovie, j'écris sa biographie, etc. Je propose aussi des résumés d'albums de leur choix, des affiches sur une BD qu'ils aiment. Alors ce travaux sont créés pour travailler par les dimensions de la lecture que les élèves doivent travaillés dans le programme de formation ou des connaissances à peaufiner en sciences, en univers social.

Mozaïque incluant contraintes de fractions.
Mozaïque incluant contraintes de fractions.

En mathématiques, il y a parfois des projets où sont inclus plusieurs notions. Parfois les notions sont travaillés à partir de résolution de petits problèmes ou encore par des cartes à tâches sur des notions plus précises. Ça permet aux enfants de développer leurs propres résolutions par différentes entrées. J'aime aussi mélanger les arts aux mathématiques en proposant des projets artistiques tout en y incluant des concepts maths.

J'utilise aussi des jeux achetés ou modifiés comme la bataille des fractions, Totem ou Milles Bornes. Ces jeux sont aussi accessibles en tout temps dans la classe pour les périodes de temps libres.

Je m'inspire donc de la vie de la classe pour leur proposer du travail qui a du sens, qui leur permet d'approfondir des concepts ou encore d'en découvrir d'autres. Ce travail prend racine dans le réel et fait du sens pour eux. Il m'arrive de me tromper, qu'un travail soit moins intéressant. C'est pourquoi je varie le plus possible. Je trouve les enfants engagés et motivés, ce qui me permet de poursuivre cette organisation du travail.


Comment individualiser le travail alors?

J'aime mieux parler en terme d'unicité qu'en terme d'individualiser le travail. Quand je parle d'unicité, je fais référence aux intérêts, au potentiel des enfants, à leur créativité. Je pense aussi aux défis. Mais pas tant. Je ne veux donc pas individualiser le travail, je veux permettre aux élèves de vivre leur unicité. Leur permettre de faire évoluer ce potentiel. Je ne focusse pas sur les défis, mais sur ce qu'il y a de meilleur en eux: l'esprit de coopération, la créativité, leur curiosité. Le résultat leur appartient, l'effort qu'ils y mettent aussi. J'aime penser que mon rôle dans l'organisation du travail est celui d'une entremetteuse de découvertes, qui diffuse les possibilités, celle qui crée un environnement permettant de développer cette unicité.



C'est quoi «mon travail »au juste dans cette organisation du travail?

Ce n'est alors pas le travail des enfants qui est individualisé, mais mes interventions en tant qu'enseignante. Elles s'adaptent et sont modulées à leur unicité. Un tel ne met pas sa ponctuation, je travaille avec lui ceci. Une autre est bloquée sur un concept mathématique, je lui propose du matériel. Ma tâche est donc:

  • en amont, d'être à l'écoute pour proposer du travail adapté au groupe,

  • d'individualiser mes interventions pendant le travail

  • évaluer ce travail et ces interventions pour me réajuster lors d'une prochaine session de travail.

Ce changement de paradigme est important car l'évaluation en continue prend une importance capitale. Elle n'est pas pour savoir si un enfant sait ou ne sait pas (aussi un peu quand même!), mais pour me permettre de m'ajuster à celui-ci. J'ai ici l'image de mon enfant, bébé, qui n'aimait pas les fraises et les recrachait systématiquement lorsque je lui en donnais. Le but était-il de lui faire manger des fraises? De lui faire aimer les fraises? Ou de lui offrir un aliment qui l'aiderait à le faire grandir? N'est-ce pas ce que l'on souhaite, en pédagogie Freinet, que l'enfant se développe tout en s'émancipant?


*Et si vous vous demandez, mon enfant ne mange toujours pas de fraises, mais est désormais plus grand que moi.


 
 
 

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